Artisans tuiliers de père en fils depuis 6 générations. Terre d'Ici, Terre d'Avenir

Historique

LE TUILIER, UN ARTISAN PRES DE SA TERRE

Dans leur majorité, les tuileries appartenaient à de petits paysans. Le fait qu’ils exploitent aussi la terre pour sa richesse argileuse leur donnait un complément de ressources et les faisait accéder à un statut social d’artisan, jugé plutôt valorisant. Toutefois, ils conservaient une économie domestique comparable à celle de leurs voisins, ruraux défavorisés ou paysans, et continuaient le plus souvent à entretenir une petite ferme par nécessité d’autosuffisance alimentaire.

Le travail, saisonnier (de Pâques à la Toussaint) nécessitait de trois à six ouvriers, qui, le reste du temps, travaillaient comme feuillardiers dans les monts aux alentours où le châtaignier est abondant.

La technique de fabrication de la tuile a peu varié jusqu’après la dernière guerre ou apparut la mécanisation et la cuisson se faisait au bois jusqu’à l’apparition très récente de fours à gaz.

Le four était construit sur un filon d’argile et démonté à chaque fois. Au début du siècle, il y en avait autant d’apparents que d’enfouis dont les vestiges ne sont pas tous connus aujourd’hui.

L’argile était extraite du sol, à la pioche, avant d’être jetée dans une fosse : « la marche ». Ainsi accumulée, elle était arrosée largement puis pétrie par des bœufs ou des chevaux pendant quatre ou cinq heures. La pâte obtenue était disposée à la main dans des moules saupoudrés de sable. Une fois séchées (de quelques jours à plusieurs semaines selon la saison) les tuiles étaient portées jusqu’au four de cuisson. La cuisson durait de deux à quatre jours en continu, le refroidissement environ trois jours. Les tuiles étaient ensuite vendues sur les marchés et dans les foires locales.

MECANISATION ET RECHERCES SCIENTIFIQUES ACCOMPAGNENT LE DEVENIR DU METIER DE TUILIER

La conservation du patrimoine hérité du passé fait naître l’ardente obligation de mettre à disposition des restaurateurs des matériaux en tous points identiques à ceux qui étaient employés à l’origine. Cela est particulièrement vrai pour la tuile qui, pour extérioriser tout le charme retrouvé des toitures d’antan, ne peut se satisfaire d’un matériau industrialisé.

La réponse à ce besoin et le regain d’intérêt exprimé par des clients privés sont autant d’éléments qui permettent le maintien de l’activité.

La mécanisationLa fabrication des tuiles est une activité principale, étalée sur toute l’année. L’extraction de l’argile se fait mécaniquement (pelleteuse). On peut se procurer des argiles provenant d’autres régions (comme la Dordogne) afin de réaliser des mélanges de couleurs et de qualités différentes. Toute la préparation de la fabrication est mécanisée. Seuls la patine et le transport entre le lieu de séchage et le four se font manuellement. La cuisson se fait dans des fours à cellules, fonctionnant au gaz. Plus courte qu’autrefois, elle ne dure que quarante huit heures. Une commande peut désormais être satisfaite en quelques jours. Nous produisons actuellement 12000 tuiles par semaine.

Séchage-accessoires
Phase de cuisson des tuiles Séchage des accessoires

Dans un marché d’ensemble où les produits industrialisés bénéficient d’un accompagnement de recherches en productivité, nous avons souhaité atteindre de nouveaux degrés de perfection basés sur des analyses et constats scientifiques susceptibles d’accroître la fiabilité de notre travail.

Au terme de plusieurs études, dont l’une confiée à l’Ecole Nationale Supérieure de Céramiques Industrielles de Limoges (ancienne Ecole de Sèvres), la caractérisation des argiles est désormais connue, différenciant chacun des bassins d’extraction de Haute-Vienne et de Creuse. De même, la maîtrise des informations caractérisant les argiles grasses et maigres, désormais disponibles, sont autant de paramètres à notre disposition pour obtenir, avec précision, des mélanges garantissant notamment la résistance au gel et aux intempéries, obtenus précédemment de façon empirique, sur la seule base des savoir-faire traditionnels.